Technique

 Voici l'histoire de la restauration de la Type E de l'un de nos membres, Gérard.
 Histoire exemplaire, dans le sens où il a entrepris seul, dans son garage avec des moyens qui ne sont pas,
 et de loin, ceux utilisés par des restaurateurs ou garagistes patentés.
 Evidemment, la solution de facilité aurait pû être de confier sa Jaguar à un restaurateur de renom, revenir
 une année après, laisser un gros chèque.... et pour finir ne rien connaître de sa voiture.

Cette type E coupé série 1, de 3,8 L est d'octobre 1961. Elle fût l'une des toutes premières importée en  France.
No de série 885125.

 il en est le propriétaire depuis maintenant 28 années. Avant sa restauration il a parcouru environ
 40'000 km  sans rencontrer de problèmes majeurs, hormis la restauration de la boite de vitesse et les  services
d'entretien usuels.

  Donc, il était une fois une type E dans un jus remarquable, apparemment son propriétaire ne le trouvait  quand  même  pas à son goût. Il décida donc de rectifier la sauce, mais quand on est perfectionniste...

  

 Cela commence par un démontage intégral, de tout ce qui pouvait l'être, intérieur, mécanique, faisceau,
 tableau de bord, panneaux de carrosserie. Bref, la totale.

 

 Le moteur, 100'000 km d'origine, va se refaire une santé.

 

  L'état de la type E dans la cour. Cela fait peur et il faut avoir un sacré moral !

   Quand je vous dis qu'il ne reste même plus un seul boulon.

   Bref, un tas de tôles part chez un carrossier courageux.

  Et pendant ce temps, Gérard s'attaque à la mécanique. chaque élément est soigneusement restauré,   bichonné, plus neuf que neuf c'est pas possible.

 

   Un détail du pédalier,

  ou celui des freins, évidemment moyeux, porte-moyeux, disques, durites sont neufs ou reconditionnés.

  La rampe de carbus est du même tabac.

   Le moteur refait par le propriétaire, culasse comprise!

   Le carrossier de son côté n'a pas chômé. Mise à la tôle intégrale, ajustement de tous les ouvrants,
  mise en apprêt. Il faut dire que la carrosserie était dans un excellent état d'origine, jamais accidentée,
  détail important, pas de rouille ou de mastic cache-misères.

 

     Enfin, la Type E retrouve son écurie !

  Et la séance de rhabillage peut commencer. Ici le train arrière reconditionné à neuf.

  Moteur, trains avant, accessoires, faisceau électrique retouvent leurs places.

   Le grand moment arrive ! Contact, démarreur, et le 6 en ligne s'ébroue, soulagé de sortir de 12 mois
   d'hibernation. Le moteur prend ses tours... et les palpitations de Gérard retrouvent un rythme normal.

  Un petit coup d'oeil à l'intérieur ou bien entendu, rien n'a été laissé au hasard ou à l'approximation.
  Tous les joints ont été remplaçés, pavillon de toit, cuirs, moquettes, etc....

   Et voila le résultat final aprés quelques mois mois d'efforts et 950 heures de travail. (sans compter celles   du carrossier).

   Grand moment. La type E de Gérard est conviée à la commémoration du 40 ème anniversaire de la
   présentation à la presse de la Type E au Parc des Eaux-vives, lors de sa sortie au salon de l'auto de    Genève en mars 1961.
   Elle pose fièrement à côté de 9600 HP, 1ère Type E exposée dans un salon qui annonçait un succès    phénoménal.

        

    Un propriétaire HEUREUX et qui a toutes les raisons d'être fier du travail qu'il a accompli seul,
    dans son garage, sans assistance aucune mais avec abnégation, de la patience et un moral d'acier.

    Cerise sur le gâteau ! sa Type E a été primée deux fois lors de concours internationaux de haut niveau.
    En 1996 à Villars sur Ollon, 2ème du concours devant un aéropage d'Anglais et 1er à Interlaken  en 2001
    devant 50 Type E venues de toute l'Europe, sans compter le 1er prix lors de la concentration de Nantua.     Excusez du peu. Encore bravo.

    Juste un dernier mot: Gérard, j'ai une jag à restaurer, c'est quand tu veux !